La vie entre ciel et terre de Déborah Ferrand

La vie entre ciel et terre de Déborah Ferrand

Double championne du monde de parachutisme en 2018, Déborah Ferrand fait partie des équipes de France civile et militaire. D’un naturel franc, elle se confie sans concession.

Avec Déborah Ferrand, pas question de tourner autour du pot. A 36 ans, elle sait ce qu’elle veut. « Je suis quelqu’un de franc et honnête », lance-t-elle. Cette franchise étonne à première vue, mais au moins on sait à quoi s’attendre.

C’est cash. C’est sans filtre. C’est vrai et ça part, parfois, dans tous les sens. Il faut bien ce petit grain de folie pour se « jeter d’un avion » 8.600 fois. Pour l’envie, mais surtout pour sa carrière de sportive de haut niveau. Car Déborah Ferrand pratique le parachutisme. Elle fait partie des cinq femmes de l’équipe de France militaire et des six de la civile.

Cette Parisienne de naissance a découvert ce sport le 3 juin 2001, à Nîmes. C’est ce jour-là qu’elle a fait son premier saut. Elle commence alors à être initiée à la précision d’atterrissage et à la voltige. Un beau jour, elle croise l’équipe de France en plein entraînement. « J’étais toute jeune et je ne savais pas encore ça allait être mes futurs coéquipiers. »

Le bataillon de Joinville ou « l’armée de champions »

Aujourd’hui, sa vie a bien changé. Terminés les sauts d’essais, place à la compétition qu’elle démarre en 2002 après son entrée à l’armée en septembre 2001. « J’ai été prise dans l’équipe de l’armée de l’air, ce qui m’a permis de bénéficier de l’équipement et du paiement des sauts. Tout s’est enchaîné après. »

Elle intègre le bataillon de Joinville, une « unité militaire qui regroupe les sportifs de haut niveau de la défense ». Grâce à cela, elle est détachée à plein temps pour son sport, a un statut social et est payée par l’armée. Elle peut donc s’entraîner en voltige et précision d’atterrissage pour l’équipe de France civile, vol relatif, paraski, voltige ainsi que précision d’atterrissage pour l’équipe militaire.

Un nouvel exploit pour la France

Plus les années passent et plus Déborah Ferrand évolue. Personnellement, elle affirme ce qu’elle veut. Divorce car elle « n’avait pas la même vision de la vie » que son mari. Déménage dans le Jura où elle peut couper avec le sport puisqu’il y a « des gens normaux, qui marchent sur le sol, qui ne se jettent pas d’un avion ». Se fait tatouer, surtout sur les bras où « il faut équilibrer pour qu’il y en ait autant d’un côté que de l’autre ».

Petit à petit, elle se créé un style, elle qui aime marquer les esprits. « Je ne fais pas comme les autres en précision d’atterrissage : mes jambes sont dans une certaine position et je suis la seule à le faire ; en voltige, tout le monde fait de la prise de vitesse tête en bas, moi je la fais debout », détaille la licenciée au club de Parachutisme Tarbes-Bigorre . La stratégie fonctionne. En 2018, elle devient double championne du monde de parachutisme en civil et militaire.

Un exploit qui n’était pas arrivé en France depuis 1958. « J’ai atteint le Graal, on ne va pas se mentir. Je m’en suis surtout rendue compte à travers le regard des autres. Ce titre de championne du monde, ça faisait longtemps que je courrais après. Je l’ai effleuré, on me l’a volé aussi. » Pour couronner le tout, elle termine première au classement général de la Coupe du monde.

« Regagner ces titres »

Depuis le début de sa carrière, elle gagne tout, ou presque. La militaire est médaillée mondiale, européenne, mais aussi française, en individuel ou en équipe. Tel un oisillon qui vient de naître, Déborah Ferrand a faim. Faim de victoire. En mai prochain, elle s’envolera pour l’Argentine avec Thomas Jeannerot afin de disputer la Coupe du monde, puis les Jeux mondiaux militaires en Chine en octobre.

Cette saison, l’objectif est de « regagner ces titres-là, parce que les gagner une fois c’est bien, mais c’est plus marquant d’aller les chercher à nouveau ». Sans oublier le combiné et les médailles en équipe.

« En décrochant ce titre de championne du monde, j’ai atteint le Graal. […] Ça faisait longtemps que je courrais après. Je l’ai effleuré, on me l’a volé aussi. »

Déborah Ferrand

Bien qu’elle soit attendue, Déborah Ferrand ne se met pas la pression. « Dans le parachutisme, on dit qu’on se la met le soir, dans la bière », plaisante-t-elle. Alors, pour décompresser, elle regarde la neige tomber en avril, bricole dans la maison qu’elle a acheté il y a deux ans et se prépare à se faire tatouer. Cette fois, ce sera deux étoiles pour ses deux titres de championne du monde. Parce qu’il n’y a aucune que les « footeux soient les seuls à y avoir droit ». La troisième pourrait arriver rapidement.

Palmarès
Recordwoman du monde en précision d’atterrissage (2011)
Double championne du monde (2018)
Vainqueur du classement général en 2018
Championnats du monde civils et militaires : 5 médailles d’or, 12 d’argent, 12 de bronze
Coupe du monde : 27 médailles d’or, 8 d’argent, 6 de bronze
Championnats d’Europe : 1 médaille d’or, 4 d’argent, 5 de bronze
Championnats de France : 6 médailles d’or, 4 d’argent, 2 de bronze

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