Jessica Fiscal : « Avant d’être une femme, je suis journaliste »

Jessica Fiscal : « Avant d’être une femme, je suis journaliste »

Chaque dernier samedi du mois, une journaliste spécialisée dans le sport prend la parole et parle de son métier. En mars, c’est Jessica Fiscal de la Dordogne Libre qui s’y colle.

Le rugby, c’est son truc. D’abord stagiaire au Midi Olympique, Jessica Fiscal a relevé le défi de couvrir le Stade rochelais pendant une saison pour l’hebdomadaire spécialisé dan le ballon ovale. Désormais en presse quotidienne régionale, elle s’éclate à couvrir tous les sports… avec toujours une préférence pour le rugby.

Son métier

« J’ai commencé le journalisme en 2010, après mon bac, avec le Bondy Blog. Je me détachais du lot avec mon aspect sportif, et notamment le rugby. En parallèle, je faisais des études d’Histoire. Pour mon Master, je suis partie un an en République Tchèque pour améliorer mon anglais. J’ai ensuite fait un Master à la Sorbonne où j’ai pu intégrer lequipe.fr pour un stage de trois semaines. A l’issue de ce stage, le Midol m’a contacté pour un stage de trois mois à Toulouse. C’est là où j’ai vraiment appris le métier.

Trois mois après, ils m’ont proposé de prolonger mon contrat de trois semaines. Après ces six mois, j’ai émis le souhait de continuer et ils m’ont lancé le défi de m’installer à La Rochelle pour suivre l’équipe en Top 14. J’ai tout quitté une fois encore.

J’ai fait un an puis j’ai arrêté car c’était compliqué financièrement et, parfois, il y avait des moments de lassitude. En octobre 2017 j’ai intégré La Dordogne Libre à Périgueux pour un CDD de trois mois. En janvier 2018 j’ai eu un CDI. »

 » Ce que j’aime, c’est raconter les ‘petites histoires’ de la vie locale comme par exemple parler des bénévoles dans les clubs. »

Jessica Fiscal

Pourquoi le sport ?

« Mes parents m’ont toujours poussé à faire du sport. Vers 10-11 ans, je me suis dit ‘et si j’alliais le sport et l’écriture ?’ Le journalisme sportif est un milieu qui m’intéressait. A l’époque on me disait que j’étais folle. A 26 ans, je suis plutôt fière du chemin parcouru parce que j’ai fait beaucoup de sacrifices. »

Jessical Fiscal couvre les matchs de rugby.

L’interview la plus marquante ?

« Il y a quelque temps, Fabien Pelous est venu à Périgueux pour une interview. On a parlé du XV de France, des brimades… C’était vraiment bien. Ce que j’aime aussi, c’est raconter les ‘petites histoires’ de la vie locale comme par exemple parler des bénévoles dans les clubs. Je mets au même niveau Fabien Pelous et un bénévole.

En moment fort, il y a aussi la finale de Fédérale 1 l’an dernier. La chaîne l’Equipe m’avait demandé de travailler pour eux. Le match était face à Lavaur et c’était dur de rester impartiale en commentant parce que ce sont des joueurs que je côtoie toute l’année. En tout cas, c’était une belle expérience. »

Un mauvais souvenir ?

« Je n’ai pas de mauvais souvenir d’interview mais j’en ai marre des remarques quand j’arrive en reportage. Au début je répondais. »

« Pour travailler dans ce domaine, il faut rester soi-même. »

Des propos sexistes ?

« Je me souviens d’une fois où je couvrais un match et l’entraîneur adverse faisait des réflexions du genre : ‘vous ne voulez pas travailler chez nous ?’ ‘Vous êtes charmante’, ‘Trélissac a de la chance de vous avoir’. Je lui ai répondu : ‘OK, c’est cool, et sinon le match ?’ Ça ne blesse pas forcément, mais ça embête. »

Son statut de femme dans ce milieu

« On ne m’a jamais refusé d’interview parce que je suis une fille. Avant d’être une femme, je suis journaliste. Je pense que je ne le supporterais pas de toute façon, je répondrais. »

Un message optimiste ?

« A toutes les filles qui souhaitent devenir journaliste dans le sport, j’ai envie de leur dire de rester elles-mêmes, de ne pas changer. Il ne faut pas se la jouer garçon manqué mais rester sûre de ses valeurs, rester soi. Il ne faut pas se créer une image. »

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