Raphaëlle Peltier : « Avoir des femmes qui travaillent dans le sport est entré dans les mœurs »

Raphaëlle Peltier : « Avoir des femmes qui travaillent dans le sport est entré dans les mœurs »

Chaque dernier samedi du mois, une journaliste spécialisée dans le sport prend la parole et parle de son métier. En février, c’est Raphaëlle Peltier de l’Agence France Presse (AFP) qui s’y colle.

Jeux Olympiques, 24 heures du Mans, MotoGP, Grands Prix de Formule 1, championnats d’Europe de natation… Raphaëlle Peltier couvre de nombreux événements tout au long de l’année pour l’AFP.

Son métier

« Je suis journaliste depuis 2010, année de ma sortie d’école. J’ai d’abord travaillé en actualité générale et aux sports. Puis pendant trois ans j’ai été pigiste, mais la précarité me pesait alors j’ai passé le concours de l’AFP.

Pendant deux ans j’ai travaillé dans plusieurs services et en 2015 j’ai intégré celui des sports, notamment mécaniques. Ce domaine est vaste car on parle d’ingénierie, de mécanique, on explique comment fonctionnent les moteurs de Formule 1, comment on choisit des pneus… Et il faut le rendre compréhensible. »

« On m’a déjà demandé si je voulais qu’on m’explique les règles d’un sport. Je me souviens d’une fois, lors de la présentation du Tour de France, on m’a dit : ‘oh c’est mignon, elle est venue avec son carnet d’autographes' »

Raphaëlle Peltier, journaliste à l’AFP

Pourquoi le sport ?

« Je viens d’une famille de passionnés de sport. J’en regardais souvent avec mon grand-père. Le sport, c’est l’occasion de rencontrer des gens qui ne sont pas comme nous. Des gens fascinants qui sont obstinés par la victoire parfois. On parle également de société de manière plus légère. Avec le sport, on peut traiter la politique, des questions de société, de l’économie… C’est plus concret car les gens ont presque tous une activité sportive. »

L’interview la plus marquante ?

« Il y a quelques temps j’ai rencontré Brahim Asloum pour son bouquin. C’est là qu’il m’a donné le meilleur conseil dans ma carrière : ‘La vie c’est comme la boxe : tu vas prendre des coups, il faut toujours trouver le moyen de se relever.' »

Raphaëlle était présente lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques 2014.

Un mauvais souvenir ?

« Je n’ai jamais eu de souci avec un sportif et je n’ai jamais eu l’impression d’avoir été prise de haut. Si ça a été un problème, c’était plus avec d’autres journalistes qui croient que je n’y connais rien. On m’a déjà demandé si je voulais qu’on m’explique les règles d’un sport. Je me souviens d’une fois, lors de la présentation du Tour de France, on m’a dit : ‘oh, c’est mignon, elle est venue avec son carnet d’autographes’.

C’est une question de génération parce qu’en général, ces confrères étaient plus âgés. Je devais être la première femme qu’ils voyaient bosser. Avoir des femmes qui travaillent dans le milieu du sport est maintenant entré dans les mœurs en France. Sur les MotoGP en Italie, qui est un milieu masculin, les gens sont plutôt étonnés de me voir. »

Des propos sexistes ?

« Je n’ai jamais eu de problème avec ça. Peut-être est-ce dû à mon prénom ? Sur les réseaux sociaux, ce sont plutôt des réflexions sur mon physique du type « elle parle de sport et en plus elle est jolie », jamais vis-à-vis de mes compétences. Je leur réponds que c’est hors de propos. »

Photo : Mathieu Génon

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