Tessa Worley : « J’ai envie de faire aussi bien l’année prochaine, voire mieux »

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Le soleil pointe le bout de son nez mais Tessa Worley est déjà au travail pour préparer la prochaine saison de ski. Entre titre de championne du monde, globe de cristal et objectifs à avenir, la skieuse s’est confiée.

La saison 2016-2017 de Tessa Worley a été riche en émotions et en médailles. Après un deuxième titre de championne du monde en Géant, un autre en slalom par équipe et un globe de cristal, la Bornandine a pris quelques semaines de vacances. Puis il a été temps de reprendre la préparation avec, cette semaine, un stage PO (pré-olympique) avec toute l’équipe de France de ski et de sports de glace.

Sportives.net : Comment allez-vous depuis la fin de la saison ?
Tessa Worley : Ça va plutôt très bien, la fin de saison a été plutôt lourde et fatigante au niveau des sollicitations mais j’ai pu prendre des vacances qui ont été bien reposantes. Je suis rentrée dimanche et j’ai tout de suite repris avec le stage pré-olympique. C’est ma reprise physique, je suis repartie pour une nouvelle saison donc tout va bien. La motivation est bien présente car j’ai pu faire un bon break.

Le ski ne vous manque pas trop ?
Pour le moment non. C’est bien car ça me fait une réelle coupure de deux mois avant de reprendre le ski. J’avais vraiment envie de rattaquer le physique pour retrouver une bonne forme, pour reconstruire le physique de manière solide et posée. Remonter sur les skis après sera un grand plaisir, mais pas tout de suite.

Quand allez-vous remonter sur les skis justement ?
Début juillet. On va faire un mois de préparation physique et après on rechausse sur les glaciers en France, et en septembre on part à Ushuaia. L’Argentine c’est un stage bien poussé au niveau intensité ; niveau technique on se rapproche vraiment de la saison.

A quoi ressemble votre vie depuis ce dernier titre de championne du monde et ce globe de cristal ?
Elle ressemble à la même chose qu’avant (rires). Ça n’a pas forcément changé grand chose pour moi, ma vision est toujours la même : j’ai envie de faire aussi bien, voire mieux l’année prochaine. J’essaie vraiment de mettre les choses à plat, de voir ce qui n’a pas fonctionné même si j’ai eu beaucoup de chance car beaucoup de choses ont marché. Mais il y a toujours des progrès à faire. J’ai toujours faim, j’ai envie d’aller chercher plus.

« Je suis fière de faire partie des françaises qui ramènent un globe »

Vous imaginiez-vous, au début de la saison, terminer avec un globe de cristal ? Quels étaient les objectifs fixés ?
Concrètement c’était de gagner une Coupe du Monde en Géant, monter régulièrement sur les podiums… C’est vrai qu’un globe ce n’est pas quelque chose qu’on peut se fixer comme objectif car il y a tellement d’aléas qui font que ça se passe bien ou moins… Avec les objectifs que je m’étais fixés je pouvais jouer, être parmi celles qui pouvaient y prétendre. Ça a été bien rempli et je ne m’étais pas forcément imaginée être aussi régulière et pouvoir remporter ce globe. Dans ma tête j’avais vraiment l’intention d’être performante et être parmi les meilleures.

Que ressent-on lorsque l’on remporte un deuxième titre de championne du monde ?
C’était vraiment très fort. Je n’ai pas fait de comparaison par rapport au titre d’avant car les conditions dans lesquelles je suis arrivée étaient différentes. Là, j’étais complètement favorite alors qu’en 2013 ce n’était pas moi. C’étaient deux moments et deux conditions bien différents pour moi. Cette fois-ci c’était très fort car la journée a été intense mentalement. J’attendais beaucoup de moi sur cette course, mais il y avait aussi beaucoup d’attentes à l’extérieur. Il fallait gérer tout ça sur 24 heures et ça a fait que les émotions, une fois la course réussie, sont décuplées. J’étais vraiment contente de ma course ce jour-là, j’avais réussi à faire deux belles manches et une bonne performance le bon jour.

Tessa Worley saint moritzC’était aussi une petite revanche sur vos blessures…
Je n’ai jamais eu de pensées sur le passé. Je n’ai jamais eu de rancœur par rapport à ça. Je ne me suis jamais dit « je me venge sur ce qu’il s’est passé quelques années en arrière ». Au contraire, je pense que ça fait vraiment partie de moi, de mon histoire. Je suis persuadée que les blessures et les moments compliqués m’ont construit pour arriver où je suis aujourd’hui. Ce n’est pas du tout quelque chose que j’effacerai de ma carrière ou que je regrette. C’est peut-être ça qui m’a permis de faire une saison comme l’année dernière, et c’est ce qui va me permettre de continuer d’avancer.

Le clan des françaises attendait du cristal depuis 14 ans, vous être arrivée comme le messie…
(rires) C’est vrai qu’on a beaucoup parlé des autres membres de l’équipe de France qui avaient gagné le globe il y a plusieurs années, que ça faisait longtemps… Mais un globe c’est quelque chose qui est finalement assez personnel. Il y a beaucoup de reconnaissance médiatique pour les médailles, les gens en entendent plus parler. Le globe c’est quelque chose de construit sur la durée. Je suis fière de faire partie des françaises qui ramènent un globe. Je l’ai fait pour moi… surtout pour moi.

Vous parliez de vos objectifs, de faire mieux que l’an dernier. Le staff a-t-il changé pour vous permettre cela ?
Il y a eu des légers changements, mais rien de radical. Pour une année olympique comme celle-ci il faut s’appuyer sur ce que l’on connait et renforcer plutôt nos atouts. Personnellement je ne vais pas faire la même chose que l’année dernière, mais mieux, notamment au niveau de la préparation : aller chercher plus loin les limites, les détails, les progrès.

La Fédération française de ski n’a pas envisagé de vous proposer un entraînement particulier, comme elle le fait déjà avec Alexis Pinturault ?
Pas du tout car ce n’est pas quelque chose que je recherche. C’est la dynamique de groupe qui m’aide à progresser, à donner le meilleur de moi-même. Je commence à avoir deux disciplines fortes, le Super-G devient important dans ma saison, presque comme le Géant. Il va donc falloir que j’adapte mon entraînement tout en sachant que j’ai deux, voire trois disciplines à jouer.

« Je veux être à mon meilleur niveau pour jouer le podium aux Jeux Olympiques »

Jusqu’où toute cette phase de préparation pourrait-elle vous mener ?
Les objectifs sont clairs, je ne vais pas me voiler la face. Les Jeux Olympiques sont hyper importants dans une carrière, j’ai envie d’arriver le jour « J » prête à jouer complètement la course, à être à mon meilleur niveau pour jouer le podium. Derrière il y a toute une saison de coupe du Monde que je n’oublie pas, au contraire. En Géant j’ai envie de progresser, d’avoir encore plus de régularité et, sur le Super-G qui commence à être très important pour moi, je n’étais pas loin des podiums cette saison, donc je me fixe de franchir cette marche de progression et vraiment arriver à monter sur les podiums.

Si la championne que vous êtes aujourd’hui rencontrait la jeune Tessa d’il y a 10 ans, que lui dirait-elle ?
Elle la rassurerait dans le sens où, encore aujourd’hui, mon défaut, comme celui de tous les sportifs, c’est le doute, c’est de ne pas se faire assez confiance. Je lui dirais « fais ce que tu sais faire, repousse toujours tes limites et surtout fais-le avec légèreté. Trouve toujours du plaisir dans tout ce que tu fais, c’est comme ça que ça fonctionne ». Dans les moments les plus durs c’est ce que j’ai appris.

L’après-carrière vous y pensez ?
J’y pense mais je n’ai encore rien programmé. Je sais que ça s’approche mais je suis tellement à fond dans ce que je fais en ce moment que je n’arrive pas à me projeter. Je regarde la saison prochaine d’abord et la suite je ne sais pas encore.

LA SAISON DE GÉANT DE TESSA WORLEY :
Sölden : 6e ; Killington : 1ère ; Sestrière : 1ère ; Semmering : 2e ; Semmering : 6e ; Maribor : 1ère ; Kronplatz : 2e ; Saint Moritz : 1ère, championne du monde ; Squaw Valley : 3e ; Aspen : 5e.

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About Author

Maryne est la créatrice du site. Etudiante à ses heures perdues, elle pourrait se nourrir uniquement de pâtes, adore plaisanter et parler de sport comme le football plutôt que de le pratiquer. Fan de ski depuis son plus jeune âge, elle le pratique telle Tessa Worley !

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