Sandrine Martinet : « Ça a été une fierté d’offrir cette première médaille à la France »

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Elle n’attendait que ça : une médaille d’or aux Jeux. A 34 ans, Sandrine Martinet a décroché la breloque qu’elle convoitait depuis de nombreuses années. Après l’argent à Londres en 2012, c’est avec le titre de championne paralympique qu’elle est rentrée de Rio en septembre dernier. Un rêve devenu réalité.

Sportives.net : Racontez-nous un peu cette journée en or, quatre ans après un revers « dramatique »…
Sandrine Martinet : Suite à Londres j’ai fait une petite pause pour me soigner et avoir mon deuxième enfant. Je voulais revenir pour conquérir ce titre qui me manquait. Plein de gens m’ont épaulée et aidée à arriver jusqu’à cette fameuse journée du 8 septembre. Ça a été beaucoup d’efforts, de sacrifices et j’ai la chance d’être très bien entourée que ce soit au niveau famille, amis, le club… L’US Orléans a été vraiment présent pour moi et aujourd’hui, dans les rues d’Orléans, c’était complètement hallucinant pour moi. Je n’aurais jamais cru avoir un accueil pareil, c’est super ! J’avais vraiment un objectif, c’était cette médaille et j’ai eu la chance que le travail ait payé. J’ai eu une journée quasi parfaite [à Rio, ndlr]. Non, disons-le… une journée parfaite le jour-J où j’étais capable de rester concentrée et où je n’ai rien lâché. Ça m’a emmené vers cette belle victoire et la fierté d’offrir cette première médaille, qui plus est en or, à l’équipe de France. C’était hyper important pour lancer les copains derrière et que médiatiquement on en parle encore plus. La couverture a été assez exceptionnelle cette fois. 

Votre entraîneur dit qu’il a vu en vous cet esprit de revanche qui vous a guidé depuis 2012. Vous confirmez ce qu’il dit ?
Je ne voulais pas finir là-dessus, sur cette injustice [elle a terminé 2e suite à une blessure à la cheville, ndlr]. J’avais vraiment à cœur de revenir, de prouver que c’était moi la meilleure et que cette fois-ci personne ne me battrait. J’ai beaucoup travaillé sur mon mental, on a aussi beaucoup travaillé techniquement avec Cyril [Pagès] mais le mental a vraiment été décisif sur cette journée où je n’ai pas eu peur, où je n’ai pas douté de moi. Là je ne pensais qu’à aller chercher cette médaille, qu’elle était pour moi et que j’étais la meilleure de la journée.

Tout le monde autour de vous parle de sacrifices, d’efforts, et pas vous. Vous êtes restée modeste mais pouvez-vous nous dire ce que c’est que d’être un athlète de haut-niveau et les sacrifices que ça représente ?
Si je n’en parle pas forcément c’est parce que je sais que je suis une grande chanceuse d’avoir la vie que j’ai aujourd’hui. J’ai la chance d’avoir un métier qui me passionne, d’être mariée, d’avoir deux enfants en bonne santé, d’être super bien entourée, de faire un sport et de pouvoir m’éclater avec mes loisirs. C’est vrai que je fais ressortir ça mais si je suis arrivée là, c’est parce que j’ai fait beaucoup de sacrifices. Ça a été dur, ça a été des moments de doutes, des moments où il a fallu aller au combat malgré la douleur et la fatigue. Même si vous êtes loin de votre famille et que vous n’avez qu’une envie c’est d’être avec vos enfants, vous savez que vous êtes sur le tapis pour une raison. Vous allez chercher le maximum de vous même, vous vous dépassez en essayant toujours d’aller plus loin. Ça demande une organisation énorme. C’est beaucoup de sacrifices, que ce soit dans la vie professionnelle que privée. J’ai souffert, j’ai enduré beaucoup d’efforts mais derrière il y a cette médaille qui récompense tout ce travail. L’apothéose c’est de pouvoir récompenser mon travail et celui de tous ceux qui m’ont entourée et amenée jusqu’à cette médaille.

Vous avez annoncé mettre un terme à votre carrière, quels sont vos projets ?
J’en ai plein. En tant que kiné déjà tout simplement, peut-être être kiné dans une équipe de judo ou autre. Et après j’ai plein de projets pour potentialiser cette expérience et pouvoir m’en servir pour aider les autres. Pouvoir faire un travail, que ce soit au niveau de la détection, ou suivre les athlètes et pouvoir leur faire partager mon expérience et essayer d’amener d’autres jeunes à toucher le haut-niveau et le Graal des Jeux. Enfin voilà… J’ai plein de projets et je suis quelqu’un qui a toujours des objectifs. Je ne serai plus sur le tapis mais je n’en serai jamais bien loin, toujours dans le monde du sport. J’aurais toujours une part de rêve qui va m’accompagner et je vais essayer d’en faire profiter à un maximum de gens pour développer le handisport.

Propos recueillis par Mathieu Fontaine

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