Charlotte Bonnet : « J’ai réussi à me hisser en finale, je suis satisfaite de moi »

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Charlotte Bonnet, médaillée de bronze à Londres sur le 4×200 m nage libre, elle espérait rester sur cette lancée et faire mieux en individuel. A Rio, la native du Val d’Oise a atteint ses objectifs. Elle raconte.

A 21 ans, Charlotte Bonnet a déjà vécu deux olympiades : celle de Londres et 2012 et celle de Rio. La première lui a permis d’apprendre sur elle-même et de mieux appréhender la seconde. La deuxième, justement, lui a laissé plein de souvenirs en tête. Son palmarès, la licenciée du Olympic Nice Natation aimerait bien l’agrandir. Après de nombreuses médailles chez les juniors dans un premier temps puis sur les Championnats de France petit et grand bassins, Charlotte Bonnet se prépare pour sa nouvelle échéance : Tokyo 2020.

Sportives.net : Comment allez-vous, avez-vous digéré vos Jeux Olympiques ?
Charlotte Bonnet : Je suis partie en vacances pour bien récupérer. J’ai ré-attaqué la nouvelle saison il y a deux semaines. J’ai pris un bon mois de vacances, ça fait du bien.

Quel bilan tirez-vous de vos Jeux ?
Je suis assez satisfaite de ce que j’ai pu faire là-bas. Je n’annonçais pas forcément que j’avais envie d’avoir une médaille mais plutôt de rentrer en finale vu la densité qu’il y avait sur les nages où je m’aligne. C’était assez compliqué mais j’ai réussi à me hisser en finale, je suis satisfaite de moi ! On a fait de bons relais, notamment le 4×100 m nage libre avec les filles de l’équipe de France (Mathilde Cini, Béryl Gastaldello et Anna Santamans, ndlr), c’était de bons souvenirs. J’ai pleinement vécu mes deuxièmes Jeux Olympiques.

Nous vous avons senti un peu fatiguée en fin de semaine, pensez-vous que, finalement, s’aligner sur autant de courses n’était pas la meilleure des choses ?
Je n’ai pas vraiment choisi de m’aligner sur autant de courses. J’avais le 100 m et le 200 m en individuel, c’était ma priorité. On a rajouté sur certaines courses un relais. Au détriment de mes courses individuelles j’ai forcément moins bien nagé parce que j’avais eu des relais avant et que ça m’a fatiguée. Le premier relais, le 4×100 m nage libre, m’a bien servi pour lancer la semaine mais après c’était un petit peu compliqué de rebondir quand il y a eu des courses de faites. Je n’ai pas choisi un programme aussi chargé, j’aurais même préféré nager un petit moins mais il y avait des relais à assurer et je ne peux pas refuser de participer à des relais en équipe de France.

Comment avez-vous personnellement géré cette semaine ?
Plutôt bien. J’ai eu une bonne préparation avec mon entraîneur, on était bien dans le moule de ce qu’il fallait faire. Ça m’a plutôt bien servi pour les Jeux Olympiques puisque j’ai bien nagé. Maintenant, à l’intérieur de ces Jeux j’ai quand même bien géré toutes les courses, la semaine a été longue mais j’ai quand même bien nagé toutes mes courses individuelles et les relais même si c’était un peu compliqué vers la fin.

Comment avez-vous trouvé la motivation en fin de semaine pour vous accrocher et continuer ?
On n’a pas vraiment le choix. On se dit que c’est tous les 4 ans, les Jeux Olympiques c’est une compétition exceptionnelle. Pour l’avoir déjà vécu une fois, ça m’a vraiment servi car j’avais moins de stress et justement plus d’expérience pour me dire que ce n’est pas fini, qu’il reste encore des courses. Je me suis aussi dit que les filles avaient besoin de moi pour le relais donc je devais être présente pour elles. Il y en a qui étaient venues spécialement pour un ou deux relais donc il fallait être performante jusqu’à la fin, je me devais d’être performante jusqu’au bout juste pour ça.

« J’ai encore envie de faire de belles choses et je pense que je ne suis pas au bout de mes capacités, j’ai pas tout donné de ce que je pouvais.« 

Photo Facebook C. Bonnet

Photo Facebook C. Bonnet

Nous le savons, nous l’avons entendu à la télévision, il y a eu quelques petites histoires au sein du clan français en natation, avez-vous ressenti un quelconque froid de votre côté ?
Non pas vraiment. J’étais assez extérieure à tout ça, il fallait plutôt mettre des œillères à tout ce qui se disait. Pendant la compétition ça a été un petit peu compliqué parce qu’il y a eu pas mal de vagues notamment sur Yannick (Agnel, ndlr), qui est mon meilleur ami donc ça a été compliqué à gérer. D’un côté je n’avais pas envie qu’on s’en prenne à lui et d’un autre j’étais à fond dans ma compétition donc je ne m’en suis pas trop mêlée. Maintenant, il y a eu un peu trop d’exagération dans les journaux, nous à l’intérieur de l’équipe de France il y a eu des disputes mais pas non plus la guerre. Il y avait quand même une bonne ambiance, on a pu profiter jusqu’à la fin, même la deuxième semaine. Il y a eu des moments durs, certes, mais un tout petit peu exagéré.

Comment s’est passée votre olympiade en dehors des bassins ?
J’ai eu la chance d’être allée voir le 100 m en athlétisme avec Usain Bolt. J’étais déjà allée voir le 200 m avec Bolt à Londres il y a 4 ans et là j’ai pu y retourner, c’était vraiment cool ! C’est une ambiance de folie, on voit que l’athlétisme ce n’est pas la même ambiance : il y a beaucoup plus de monde dans les tribunes et de gens qui crient, qui hurlent… Ça doit être énorme quand on est athlète. J’ai aussi pu voir la finale de hand masculin où c’était une ambiance de fou aussi parce qu’on s’attendait vraiment à gagner et malheureusement ils ont perdu à quelque chose près (26-28 pour le Danemark, ndlr). C’était vraiment malheureux pour eux mais c’était une super finale ! J’étais vraiment super contente d’avoir pu regarder tout ça.

Vous avez 21 ans, vous êtes jeune, quelle suite maintenant à court et long termes ?
A long terme, j’ai dit que je continuais normalement pour 4 ans. J’ai annoncé ça parce que j’ai vraiment la motivation pour continuer, j’ai encore envie de faire de belles choses et je pense que je ne suis pas au bout de mes capacités, j’ai pas tout donné de ce que je pouvais. Je pense que le jour où j’arrêterai ce sera pour ça, parce que je serai arrivée à la fin et que j’en aurais marre, que j’aurais envie de faire autre chose. Aujourd’hui ce n’est pas le cas.
A court terme, j’ai les championnats de France et du monde petit bassin, en novembre-décembre et les championnats de France au mois de mai, qualificatifs pour les championnats du monde grand bassin, cet été à Budapest.

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Avez-vous déjà pensé à faire une pause pour éviter la lassitude ?
Oui, j’ai songé à faire une pause parce que j’ai eu des moments durs dans ma carrière dernièrement et ça a été compliqué à gérer. J’y ai vraiment pensé et j’étais à deux doigts d’arrêter, même pas faire une pause. C’est un sport très contraignant, il y a beaucoup de sacrifices pour, au final, quelques secondes de gloire parce que ça ne se joue pas à grand-chose. La natation n’est pas très médiatisée aujourd’hui en France, un peu plus qu’avant heureusement mais on ne peut pas forcément en vivre. Même à mon niveau je considère qu’on ne peut pas en vivre toute notre vie. C’est beaucoup de sacrifices, beaucoup de questions qu’on se pose… J’ai décidé de continuer parce que ça nous fait vivre des moments extraordinaires et on rencontre des personnes extraordinaires aussi. Aujourd’hui ça me plait donc je n’ai pas envie d’arrêter.

Sur le plan technique, vous inspirez-vous de ce que font les meilleures nageuses actuelles ?
Oui, beaucoup ! Je suis beaucoup dans l’observation, pas forcément dans les mêmes entraînements, etc. mais plutôt au niveau de la technique. C’est vrai que je regarde pas mal avec mon entraîneur des vidéos sur des courses en compétition quand j’ai pu nager à côté de telle ou telle nageuse, ou des nageuses qui ont fait des courses à part et qu’on analyse. Bien sûr que c’est important de prendre appui là-dessus parce que ce sont des nageuses qui sont championnes du monde, championnes olympique (comme Katie Ledecky ou Sarah Sjostrom, ndlr) et c’est toujours bien de pouvoir s’appuyer sur des modèles comme ça.

Le début d’une olympiade peut-il vous permettre de tester de nouvelles techniques ?
Je pense que le fait de redémarrer une olympiade ouvre plus de portes, dans le sens où on a 4 ans devant nous et qu’on peut se permettre de tester de nouvelles choses, de tenter de nouvelles nages, de nouvelles techniques. Je ne sais pas si ce sera le cas pour moi car je me sens bien sur du crawl, mais peut-être élargir un peu sur du 100 m, peut-être un peu plus travailler le 400 m pour m’aider sur le 200 m. En tous cas faire d’autres nages ça restera sur à niveau national. En France je fais un petit peu de 4 nages, de brasse… mais en niveau international je vais rester sur du crawl.

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Maryne est la créatrice du site. Etudiante à ses heures perdues, elle pourrait se nourrir uniquement de pâtes, adore plaisanter et parler de sport comme le football plutôt que de le pratiquer. Fan de ski depuis son plus jeune âge, elle le pratique telle Tessa Worley !

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