Sandie Clair : « Je suis très déçue de mes Jeux »

Sandie Clair : « Je suis très déçue de mes Jeux »

Il y a trois semaines, Sandie Clair rentrait en France. La « pistarde » est revenue sur ses Jeux Olympiques dont elle ne fait pas un bilan positif. Entretien.

Sportives.net : Sandie, comment allez-vous à trois semaines de la fin des Jeux Olympiques ?
Sandie Clair : Pour l’instant c’est repos mais c’était une grosse déception. J’ai besoin de souffler, de m’aérer la tête pour pouvoir repartir avec l’envie, l’énergie, pour faire le “deuil” de cette déception… Mais ça va quand même, je vais bien, mais c’est vrai que j’ai besoin de temps, de repos pour bien repartir.

Habituellement le cyclisme est pourvoyeur de médailles, que s’est-il passé ? Y a-t-il une mauvaise ambiance au sein du groupe ?
Ce n’est pas que cette année. Cela fait 4 ans qu’il y a beaucoup de changements au niveau des entraîneurs et je vais parler pour moi, mais ça ne me correspond pas forcément. Ce sont pas mal de petits paramètres qui ont joué sur la performance. Après, on est assez loin de la médaille d’or mais on pensait – enfin nous les filles – faire mieux. Et puis moi en individuel je pensais faire mieux que me faire éliminer d’entrée à chaque fois. Comment expliquer ça ? Par rapport à tous ces changements, c’était très compliqué… Ça joue malgré tout sur la perf’.

Vous avez terminé 6ème de la vitesse par équipes avec Virginie Cueff, comme à Londres, avez-vous pu débriefer ce résultat avec le staff et Virginie ?
Non pas du tout. Depuis la fin de ma course je n’ai pas vu le staff donc non on n’a pas du tout débriefé. Avec Virginie on est en chambre ensemble donc on en avait parlé mais sinon à part ça on n’a pas débriefé. C’est vrai qu’elle a fait son record sur le deuxième tour, c’est moi qui n’ai pas bien démarré.

A 28 ans Virginie Cueff a décidé de mettre un terme à sa carrière, qu’en est-il de vous ?
Pour l’instant j’ai besoin de repos. C’est vrai que Tokyo c’est tentant, je ne me vois pas arrêter maintenant ma carrière. Je pense qu’à 28 ans on peut quand même continuer sa carrière. Maintenant c’est vrai que j’ai besoin de repos et je verrai par la suite.

Quel bilan tirez-vous de vos Jeux ?
Je suis très déçue parce qu’en équipe on fait 6èmes comme à Londres, on pensait faire mieux. Puis après sur le keirin je pensais passer en demi-finale mais je n’avais pas de jambes. C’est dommage, j’avais fait une belle course, j’avais une bonne tactique… Donc voilà, pas de jambes c’est très décevant. Le bilan n’est pas très positif, on ne peut pas dire le contraire mais c’est comme ça, ça reste les Jeux.

Sandie Clair RioMalgré cette déception, quel a été votre meilleur souvenir à Rio ?
Le retour dans l’avion ! Ce n’est pas à Rio-même mais ça fait partie des Jeux (rires). Toute la délégation française s’est retrouvée dans le même avion, c’était un vol pas comme les autres. On s’est retrouvés tous ensemble et c’est là où on rencontre le plus de personnes, où on partage le plus. J’aime beaucoup cet esprit d’équipe qu’il y a lors des Jeux, c’est une ambiance qu’on ne retrouve nul part ailleurs. Quand on est en championnats du monde on est qu’entre cyclistes et là on est avec tous les sports. Le fait d’être aux Jeux ça nous rapproche beaucoup des autres et c’est quelque chose d’exceptionnel !

Quels sont vos objectifs pour saison ?
Cette année je ne serai pas présente aux Championnats de France car comme je l’ai dit j’ai besoin de repos pour repartir. Pour pouvoir repartir pour 4 ans il faut quand même que je me remette de ma déception. Autrement je n’ai pas encore posé mes objectifs. Je vous avouerai que pour l’instant je vis un peu au jour le jour parce que je préfère faire les choses dans l’ordre que me poser des objectifs et ne pas les tenir. On va d’abord se reconcentrer sur moi, ma motivation, mon envie et mes objectifs je les poserai quand la motivation sera là.

Vous parlez de travailler pendant 4 ans, avons-nous une chance de vous voir à Tokyo en 2020 ?
Si je repars c’est pour 4 ans et si je repars pour 4 ans c’est pour Tokyo parce que je parle en année olympique. Je ne me vois pas faire deux ans de carrière et m’arrêter, enfin, dans le cas où tout va bien. Si je me prépare c’est pour 4 ans et bien sûr que c’est pour Tokyo. J’aurais 32 ans et je ne pense pas que ce soit trop vieux. On a bien eu des championnes olympiques de 34-36 ans.

Dans le meilleur des cas Paris 2020 décroche l’organisation des Jeux. Terminer une carrière à domicile ce serait beau, non ?
Ce serait super mais ça me ferait 36 ans et je pense que par rapport à ma vie de famille il sera temps de raccrocher. Des Jeux à domicile ce serait extraordinaire mais je pense qu’il sera temps pour moi de raccrocher après Tokyo. A voir avec les années mais je ne pense pas quand même.

Peut-être que l’on vous verra à la télévision en tant que consultante alors…
Voilà ! Peut-être que je vivrai ces Jeux mais d’une façon. De toute façon les Jeux à Paris je les suivrai quoi qu’il arrive, après de quel côté ce sera sûrement en tant que spectatrice ou consultante, je ne sais pas. Mais je ne pense pas que ce sera en tant que sportive malheureusement. Ça arrive 4 ans trop tard (rires).

Avez-vous déjà pensé à une reconversion ?
Oui bien sûr. J’ai actuellement un contrat avec une marque de prêt-à-porter, Vestiti, qui possède les magasins « Au fil des marques ». Je suis conseillère en image chez eux et j’ai eu l’année dernière mon diplôme de conseillère en image. Ma reconversion se fera là-dedans, dans le relooking, comme Cristina Cordula.

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