Mathilde Cini : « Tout le travail que j’ai accompli a payé »

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Mathilde Cini s’envole pour le Brésil dès dimanche. Elle a appris début avril qu’elle disputera le 4×100 m nage libre. Avant de participer à ses premiers Jeux, la nageuse de 21 ans licenciée au Valence Triathlon nous a raconté à quel point elle avait hâte.

Sportives.net : Mathilde, comment vous sentez-vous à quelques semaines des Jeux ?
Mathilde Cini : Impatiente ! J’ai hâte de découvrir le village, j’ai hâte d’être avec l’équipe. Je ne suis même pas stressée, j’ai plus hâte qu’autre chose.

Vous y allez pour découvrir vu que ce sont vos premiers JO…
Oui voilà c’est ça. Et vu que les garçons m’en parlent tous les jours en me disant que ça va être extraordinaire bah… j’ai hâte !

Vous sentez-vous prête pour participer à vos premiers Jeux ?
Il me faudrait encore une ou deux semaine d’affûtage et ça devrait être bon. On a prévu les choses comme il fallait.

Comment s’est passée la préparation ?
Plutôt bien. On a fait des grosses semaines de travail et ça s’est bien passé. On est parti en stage à Majorque la semaine dernière pour prendre le soleil et voilà. Nickel !

Avez-vous eu une préparation spécifique au niveau du décalage horaire ?
Non pas spécialement, c’est pour ça qu’on part dimanche à Porto Alegre. On va s’acclimater aux horaires et surtout aux horaires de compétition. Il y a 5 heures de décalage (lorsqu’il sera 16h à Rio, il sera 21h à Paris, ndlr), les séries vont être de 13h à 15h et les finales de 22h à minuit, heure brésilienne donc pour les Français ça va être sympa (rires).

Mais les Français vont se lever, c’est tous les 4 ans !
C’est ce que je me dis. Moi je me suis levée en 2008 pour regarder les nageurs. Mes parents m’ont dit « ne t’inquiètes pas on se lèvera pour te regarde, aucun souci. »

Votre famille ne vous accompagne pas ?
Non, c’est hors de prix. Ils vont rester tranquillement à la maison pour me regarder à la télé puis ils m’ont dit « c’est ton aventure, ce n’est pas la nôtre, on te la laisse vivre toute seule. »

«  La première personne que j’ai appelé c’était mon papa »

Qu’est-ce que ça fait quand on se dit qu’à 21 ans on va disputer ses premiers Jeux Olympiques ?
C’est trop cool ! Me dire que je pars un mois au Brésil, m’éclater, rencontrer des athlètes que tout le monde rêve de rencontrer, des sportifs comme Usain Bolt, les joueurs de NBA, ça va être grandiose. Je ne sais même pas comment le décrire tellement je suis fière d’y aller. Je suis totalement excitée. J’ai trop hâte de mettre mes vêtements de l’équipe de France, j’ai hâte de défiler avec la délégation, d’être là-bas.

Qu’avez-vous ressenti quand vous avez su que vous étiez sélectionnée ?
J’étais pleine de joie. J’étais tellement fière. Et me dire que tout le travail que j’ai accompli depuis toutes ces années ça a enfin payé, c’est un accomplissement. C’est génial. La première personne que j’ai appelé c’était mon papa parce que je savais que pour ses 50 ans c’était le meilleur cadeau que je pouvais lui offrir.

Vous y attendiez-vous à cette sélection ?
Non, pas spécialement parce que j’avais loupé ma course dans ma spécialité (100 m dos, ndlr), je me suis dit « tant pis je n’irais pas », je m’étais fait une raison et puis j’ai réussi à sortir un bon 100 m libre pour le relais et je me suis dis « pourquoi pas. » Mais je ne pensais vraiment pas que le relais allait partir. C’était une surprise. Une très belle surprise.

C'est sur le 4x100 m NL que Mathilde Cini va s'aligner. Photo Facebook Mathilde Cini

C’est sur le 4×100 m NL que Mathilde Cini va s’aligner. Photo Facebook Mathilde Cini

Pensez-vous avoir une chance de médaille avec le relais ?
On ne sait pas du tout encore. Ça me paraît très très compliqué, les Australiennes sont quand même à un niveau au-dessus mais bon, ce sont les Jeux. Si on arrive à avoir une place en finale… Tout est remis à zéro, on ne se pose pas de questions.

Allez-vous assister à la cérémonie d’ouverture ?
Non parce que je nage le lendemain matin, je ne peux pas y aller. Toute la délégation française de natation n’y va pas parce qu’on nage la première semaine et qu’il faut rester bien 3 voire 4 heures debout, ça casse bien les jambes.

« On trouve ça inacceptable. On a qu’une hâte c’est qu’ils enlèvent complètement la délégation russe. »

Actuellement au Brésil il y a un risque avec le virus Zika et plusieurs athlètes de différentes délégations ont déclaré forfait. Avez-vous reçu des instructions spécifiques de la Fédération Française de natation ?
Oui on en a eu. On s’est fait vacciner contre pas mal de choses exprès, les médecins nous ont donné pas mal d’antibiotiques, des vitamines, mais sinon ils ne nous ont pas dit de ne pas y aller. C’est un peu bête de boycotter les Jeux parce qu’il y a un virus. A partir du moment où on se fait vacciner, tant pis si on n’a une petite grippe après les Jeux.

En ce moment il y a aussi une affaire de dopage avec la Russie, le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) a rejeté l’appel de la Russie et prive 68 athlètes des Jeux. Le CIO doit prendre une décision ce week-end, que pensez-vous de toute cette histoire ? La natation est également touchée…
Dans la natation on est outrés par le blanchiment de Yulia Efimova (la nageuse russe avait avoué avoir consommé du meldonium pour raison médicale, tout en affirmant que cela datait d’avant l’interdiction du médicament par l’Agence mondiale antidopage (AMA), ndlr), c’est quand même la deuxième fois qu’elle se fait prendre ! On trouve ça inacceptable. On a qu’une hâte c’est qu’ils enlèvent complètement la délégation russe parce qu’on sait que quoi qu’il arrive, quand ils font une perf’ ils sont forcément dopés. Ce n’est même plus du sport.

Donc pour vous la meilleure décision ce serait d’interdire toute la délégation et de ne pas faire de cas par cas ?
Ah oui c’est sûr, toute la délégation ! Il n’y a pas que l’athlétisme qui est touché, la natation on l’entend moins mais on est vraiment tous touchés. Il y a beaucoup de russes qui sont dopés, qu’on connaît et qu’on côtoie souvent. Après on sait très bien que niveau politique ça ne passera jamais. On ne se fait pas trop d’illusion.

Le TAS a quand même frappé fort là, est-ce que le CIO va suivre…
Je ne pense pas. Je pense que c’est une question politique. On verra bien, on croise les doigts. (rires)

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Maryne est la créatrice du site. Etudiante à ses heures perdues, elle pourrait se nourrir uniquement de pâtes, adore plaisanter et parler de sport comme le football plutôt que de le pratiquer. Fan de ski depuis son plus jeune âge, elle le pratique telle Tessa Worley !

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